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- Cindy Joubert

Un amour
d'ocytocine

Un amour d'ocytocine

loveballon

Notre quotidien est ponctué de ces instants magiques pendant lesquels nous sommes plongés dans un sentiment de bien-être et de sérénité. Par exemple lors d’un échange affectueux avec un ami, un proche, lors d’un bon repas partagé, lors d'un instant détente dans le bain, lors d’un tendre câlin avec son enfant, lors d’un baiser avec son amoureux(euse), lors d’un rapport intime, et à son paroxysme lors de l’orgasme (1) .

Ces moments de plénitude existent grâce à l’ocytocine, une hormone essentielle aux hommes, et indispensable tout au long du processus de la naissance. On l’appelle l’hormone de l’amour.

Découverte

C’est en 1906 qu’Henri Dale, un neuroscientifique britannique (prix Nobel de médecine en 1936) découvre, lors d’expériences sur des chattes mettant bas, un effet de cette hormone sécrétée par l’hypophyse : contracter les muscles de l’utérus lors de l’accouchement. Il nomma alors cette hormone ocytocine, terme résultant de la contraction des mots grecs ôkus et tokos, et signifiant « accouchement rapide ».

Ce n’est que bien plus tard que l’ensemble des effets de l’ocytocine (mécaniques mais également comportementaux) fut découvert.

L’amour grandit pendant la grossesse

échographie

Lors de la grossesse, la sécrétion de cette hormone est très importante. Il est essentiel de limiter les perturbateurs qui inhibent la libération de l'ocytocine, comme le stress, l'anxiété, la douleur, la surstimulation, la lumière excessive, le bruit, l'ébullition du néocortex (trop réfléchir)...

Durant le troisième trimestre, les récepteurs à l’ocytocine augmentent dans l’utérus à mesure que l’accouchement approche.
Ce troisième trimestre est donc idéal pour prendre soin de la future maman, pour lui créer une bulle remplie d’amour et de douces attentions. L’accompagnante à la naissance a, alors, tout son rôle à jouer. Sa présence bienveillante, réconfortante, ainsi que ses outils pratiques (respiration, postures de détente, massage, chant, Blessing way…) contribuent à un environnement plein d’ocytocine !
Plus la maman se sent aimée, entourée, rassurée, plus les récepteurs d’ocytocine bourgeonnent…(2) Et plus son corps sera prêt, le moment venu, à ouvrir la voie pour bébé.

Au cœur de la naissance

Au début du travail, les récepteurs à ocytocine se sont multipliés par quarante (3). Cette grande quantité d’ocytocine permet à l’utérus de se contracter et au col de s’ouvrir.

Lorsque la mère est dilatée à 10, le taux d’ocytocine est à son maximum, ce qui engendre l’expulsion de bébé « comme un réflexe ». (4)
Comme évoqué plus haut, la peur, le stress perturbent le processus physiologique de la naissance car ils inhibent la sécrétion d’ocytocine. Ainsi, plus l’atmosphère autour de la mère est calme, intime, plus la libération d’ocytocine est rapide, et plus l’accouchement aura de chance d’être « facile », d’être naturel et d’être vécu positivement.

J’ai appris que les êtres humains sont des mammifères. Tous les mammifères se cachent, s’isolent pour mettre au monde leur progéniture. Ils ont besoin d’intimité. Il en est de même pour les êtres humains. Il faut constamment se référer à ce besoin d’intimité. Michel Odent (5)

L’accompagnante à la naissance est donc une précieuse alliée. Son rôle est de protéger la mère des interférences néfastes, de s’assurer qu’elle se sente en sécurité, qu’elle ait confiance en elle.

Le coup de foudre avec bébé

peau à peau

A la naissance, lorsqu’on laisse la mère et son bébé collés l’un à l’autre, en peau à peau, le taux d’ocytocine reste élevé. Ce shoot d’ocytocine permet un véritable coup de foudre. Le lien d’attachement de la mère avec son petit se met en place, l’instinct maternel augmente, et tout cela grâce à un véritable "cocktail hormonal".

Puis, peu de temps après la naissance, le placenta se décolle et est expulsé. Pour empêcher un saignement important, une forte contraction utérine est nécessaire. C’est l’ocytocine, encore elle, qui déclenche cette puissante contraction. La présence de bébé contre la mère augmente la sécrétion de cette hormone et diminue ainsi le risque d’hémorragie.

Lové l’un contre l’autre : allaitement et peau à peau

Enfin, l’ocytocine est indispensable à la mise en place de l’allaitement. Combinée avec la succion de bébé, cette hormone permet l’érection du mamelon et l’éjection du lait.

Chaque tétée, mais également chaque contact, chaque regard, chaque peau à peau favorise la libération d’ocytocine qui envahit le corps. Cette hormone agit sur le système nerveux pour offrir à la mère calme, détente et endormissement facilité.

La fin de la tétée est marquée chez la mère comme chez le bébé par un bien-être et un assoupissement. Ingrid Bayot (6)

nourrisson allaité

En post-natal, l’accompagnante à la naissance a à cœur de maintenir la triade mère-père-bébé dans un cocon d’ocytocine (par son soutien, ses aides pratiques au quotidien, ses soins à la mère…). Il s’agit d'accroître le bien-être et l’estime de soi des parents, et de diminuer le risque de dépression post-partum.

Sources

(1) Netgen, « L’ocytocine : hormone de l’amour, de la confiance et du lien conjugal et social - Revue Médicale Suisse »
(2) https://www.auseinendouceur.com/ocytocine/
(3) I. Bayot « Le quatrième trimestre de grossesse »
(4) https://www.auseinendouceur.com/ocytocine/
(5) M. Odent « Le bébé est un mammifère »
(6) I. Bayot « Le quatrième trimestre de grossesse »

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